Patrice KOUTCHEVSKY

Artiste peintre

Le Télégramme Mai 2013

 "La peinture est comme un partage".

 La peinture, le partage, la Bretagne... Ces mots-là tissent l'existence de Patrice Koutchevsky.

 Pourquoi peint-il ? Il n'en sait trop rien. Une image aperçue dans son enfance l'a peut-être marqué. Rien n'est moins sûr ! Disons que la peinture s'est imposée, voilà tout.

 

 

"Si j'avais vécu ailleurs qu'en Bretagne, j'aurais peint différemment. Existe t'il une terre où la lumière est semblable ?"

Lorsqu'il s'installe à Bénodet, puis à Fouesnant, suivant les conseils de la fille de Mathurin Méheut, Patrice Koutchevsky pressent qu'ici, il mettra en pratique ses rêves d'abstractions lyriques, ses voyages intérieurs. Commence alors un long travail, exigeant. "Les couleurs sont les mots qui me permettent de décrire un paysage, de souligner son harmonie. Mes toiles naissent d'une émotion ressentie. Pour l'exprimer, j'ai besoin de solitude. Celle de mon atelier, mon repaire, mon lieu..." "Rien n'existe sans efforts, la peinture n'échappe pas à cette règle". L'inspiration sans travail n'est rien.

En naissant, l'artiste a reçu un don, à lui de le faire fructifier. Il lui faut aussi des bases solides. Les Beaux-Arts de Paris, des visites chez les peintres d'aujourd'hui, les longues stations dans les musées du monde ont été son "école". Ensuite, libre, il a pris son envol. Il mettra du temps avant d'évoquer sa filiation : "Mon père russe, ma mère française, je suis né de ce mélange détonant. C'est aussi à eux que je dois d'être ce que je suis."

 

 

Abstraites ou figuratives ?

Une déambulation dans l'une des expositions de Patrice Koutchevsky est comme un voyage au pays des couleurs. Celes-ci forment parfois d'étranges continents bleus, jaunes, orange. Souvent une ligne de fracture trouble le regard. Des blancs racontent la clarté lunaire, d'autres la fin d'une terre. Il est souvent question d'eau. Toujours bleue, toujours scintillante.

"La peinture, dit encore Patrice Koutchevsky, j'ai voulu en vivre. Je le fais, mais je veux que mes toiles restent abordables, qu'elles ne soient pas réservées à une élite. Bien sûr, j'ai des collectionneurs mais je connais aussi des gens qui économisent pour acquérir un tableau, rien ne me fait plus plaisir !"

 Eliane FAUCON-DUMONT